Depuis le 2 avril dernier, les sociétés du groupe Cyclable sont officiellement placées en redressement judiciaire (siège et filiales).
Ce redressement a été annoncé de façon soudaine aux salarié·es par la direction la semaine précédente, jeudi 26 mars, lors d’une visioconférence qui devait être consacrée aux opérations commerciales du printemps.
L’annonce a été suivie d’une première vague de fermetures de boutiques, particulièrement brutale puisque les salarié.es concerné.es ont été sommés de rendre les clés de leur magasin le mardi 31 mars au matin, sans avoir été prévenus au préalable – des responsables les attendaient sur site à l’ouverture.
Depuis, les salarié·es du groupe doivent continuer à travailler dans des conditions de plus en plus difficiles. La direction a d’abord cherché à compliquer l’organisation des élections des représentants des salarié.es, qui n’ont été organisées qu’après un signalement à l’inspection du travail.
Carol Geismar, actuelle D.G., a adopté un discours très univoque, qui renvoie la responsabilité aux salarié·es : selon elle, le redressement du groupe dépendrait de la capacité des salarié.es à tenir des objectifs encore très élevés au regard du contexte économique. Malgré leurs interrogations légitimes quant à l’avenir du groupe et de leurs emplois, les salarié.es se heurtent en permanence à ce discours, répété comme un mantra. Toute question sur le bilan économique de la société, sur l’avenir du groupe ou sur d’éventuelles restructurations s’est heurtée à une fin de non-recevoir, de même concernant les stratégies commerciales ou managériales adoptées ces dernières années. Au contraire, depuis le début de la procédure, la direction met en avant la confidentialité des échanges pour verrouiller toute discussion sur ces questions cruciales.
À l’heure actuelle, les salarié·es sont donc dans l’incertitude la plus totale et doivent faire face à des conditions de travail dégradées, sans aucune visibilité ni perspective. Avec le départ de certain·es employé·es, le travail en sous-effectif concerne désormais de nombreuses boutiques, avec une inflation des heures supplémentaires et une hausse des arrêts maladie – des magasins ont même dû fermer, comme à Toulouse. Cette situation est d’autant plus difficile qu’il n’existe pas de CSE à l’échelle nationale, les directions successives ayant fait le choix de fractionner le groupe, alors même que les décisions sont très centralisées, qu’il existe une direction et un service RH uniques, que les magasins pratiquent tous la même activité avec un catalogue commun.
Dans ce contexte, la prochaine audience du 2 juin (15h au Tribunal de commerce de Lyon) revêt une importance cruciale.
Les salarié·es du groupe doivent enfin être informé.es de la situation réelle du groupe et des perspectives de redressement : au-delà des objectifs fixés aux boutiques, de façon peu réaliste, quelles sont les stratégies de fond imaginées par le groupe pour redresser la situation, à court et à moyen terme ? À quelles restructurations doit-on s’attendre, localement et nationalement (fermetures de boutiques, fusions et regroupements, licenciements et/ou reclassements) ? Ces questions doivent recevoir des réponses communiquées à l’ensemble des salarié·es.
La mise en place d’un CSE national, un temps évoqué, permettrait aux salarié·es de faire entendre leur voix. Sud commerce et services revendique dès à présent l’organisation d’élections en ce sens.
Lyon, le 28 mai 2026