CYCLABLE : des mobilités douces aux errances managériales

Depuis le 2 avril 2026, le groupe Cyclable est placé en redressement judiciaire en raison d’importantes difficultés financières et commerciales. Cette procédure concerne l’ensemble des 15 filiales du groupe, soit 98 salarié·es implanté·es dans 15 villes. À ce jour, la procédure s’est accompagnée de la fermeture d’une dizaine de boutiques (Bayonne, Orléans, Grenoble, Meylan, Toulouse, Paris 11, Issy-les-Moulineaux, Lyon 6, Champagne-au-Mont-d’Or, Rennes services) et de nombreux licenciements, tant dans les filiales que parmi les personnels du siège (ADC). Elle s’est aussi accompagnée de la fin et du non-renouvellement de plusieurs emplois en CDD ou en alternance qui permettaient aux magasins de fonctionner.

Confrontés à cette situation, les personnels sont contraints de travailler dans des conditions particulièrement difficiles. En dehors d’injonctions répétées à faire toujours plus d’efforts, les salarié·es sont dans le flou et l’incertitude quant à l’avenir du groupe. La seule option qui leur a été présentée est celle de la « rationalisation », à savoir une réduction des coûts via des fermetures de boutiques et des licenciements. Aucune perspective stratégique, aucun plan de sortie de crise, aucune stratégie commerciale ne leur a été présentée à ce jour. Les visioconférences organisées par la direction visaient uniquement à communiquer sur le calendrier de la procédure et sur les décisions prises par le tribunal dans le cadre du plan de licenciement mis en œuvre. L’actionnaire principal, le fonds d’investissement Calcium Capital, est lui aussi resté totalement silencieux, n’ayant pas eu le moindre mot d’explication ou de soutien à l’égard des salarié·es. Les salarié·es se sentent donc aujourd’hui totalement ignoré·es et délaissé·es, contraint·es de subir la procédure sans aucune visibilité, ce qui génère beaucoup de stress et d’anxiété.

Avec les licenciements, les contrats non renouvelés et les démissions, les salarié·es doivent par ailleurs travailler dans des situations de sous-effectif chronique, avec une forte surcharge de travail, des contraintes multipliées (horaires, congés), et les pressions exercées par la direction qui exige d’eux un surinvestissement au nom de la survie du groupe. Les relations compliquées avec certains fournisseurs, la lourdeur de certains processus (commandes/facturation) et les difficultés d’approvisionnement des boutiques viennent encore compliquer le travail des équipes au quotidien. Loin de reconnaître ces efforts, la direction maintient une politique de bas salaires, gelant toute augmentation pour les salarié·es et conditionnant les primes à des objectifs souvent inatteignables, peu en phase avec les réalités du marché du cycle.

Le licenciement des responsables régionaux, suivi du départ du directeur commercial, a par ailleurs contraint les équipes à travailler sans référent ni directive ou objectifs clairs, en proie au flou le plus total – l’accès aux chiffres et aux résultats hebdomadaires leur a même été retiré depuis plusieurs mois (la BI). De la même manière, les salarié·es ne sont pas tenu·es informé·es des départs ou des recrutements à venir, si ce n’est le jour même ou via des bruits de couloir – y compris quand il s’agit du directeur commercial de la société (M. T. Laczny) ou de l’arrivée d’un nouveau directeur financier. La gestion RH est elle aussi source de tension et d’anxiété. De nombreux·ses salarié·es ont pu constater des retards de paiement ou des délais excessivement longs pour le traitement de certains dossiers – congés, arrêts maladie, versements d’heures supplémentaires… Bien des questions, pourtant très importantes, sont également restées sans réponse de la part du directeur des ressources humaines (renouvellement ou fin de contrats, fermetures de magasin, conditions de travail…).

Dans ce contexte très difficile, les personnels dénoncent le durcissement managérial opéré par la direction depuis la prise de poste de Mme C. Geismar et la nomination de M. T. Laczny comme directeur commercial.

Certains licenciements ont été particulièrement brutaux, avant même que la société ne soit placée en redressement. À Bayonne, Orléans et à Grenoble/Meylan, les collègues ont appris qu’ils étaient licenciés le matin à l’ouverture de leur boutique, et sommés de rendre leurs clés sur le champ.

Les salarié·es qui ont osé faire remonter des difficultés, des interrogations, ou s’opposer à la direction ont, eux, fait l’objet de pression ou mesures disciplinaires (avertissement).

Contrairement aux engagements du Groupe (charte, RSE), la direction se montre par ailleurs peu concernée par les conditions de travail des salarié·es et par ses obligations d’employeur. Aucun des salarié·es du groupe n’a passé la visite médicale obligatoire de la médecine du travail (dans les 3 mois suivant embauche). À l’instar de Lyon, de nombreuses boutiques ne sont pas adaptées aux épisodes de forte chaleur. Alertée par les employé·es et l’inspection du travail, la direction a pourtant refusé de réaliser les aménagements structurels qui auraient permis de répondre à cette problématique – ce qu’a pu constater l’inspection du travail. La mise à jour du DUERP, elle aussi réclamée, est sans cesse différée.

Aujourd’hui, l’explosion du nombre des départs et des démissions, la multiplication des arrêts maladies sont des symptômes forts de ce profond mal être.

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Les personnels signataires réclament donc de toute urgence :

Une réunion d’information et de concertation sur les stratégies et les perspectives commerciales capables d’assurer la survie et le redressement du groupe. Cette réunion doit associer l’ensemble des responsables des magasins et être suivie d’une campagne de concertation des équipes afin qu’elles puissent faire un retour.

Qu’une place plus importante soit accordée aux responsables de magasin dans les stratégies et les choix commerciaux, avec une planification et des consultations régulières.

Une politique de recrutement dans toutes les boutiques où cela est nécessaire – ou un aménagement des horaires et de la charge de travail afin de les adapter aux effectifs si le recrutement s’avère difficile.

La prise en compte des requêtes des salarié·es en matière de santé et de sécurité au travail et une mise à jour d’urgence du DUERP.

La fourniture de tenues de travail pour les technicien·ne·s cycles (tee shirt, pantalon, tabliers), ainsi que l’instauration d’une prime de blanchissage/nettoyage.

La reconnaissance des efforts effectués par les personnels via un système de primes et/ou de jours de récupération.

Une politique de revalorisation salariale pour les personnels en boutique à qui beaucoup d’efforts ont été demandés.

La mise en place d’un CSE national et d’élections, conformément à la requête déposée par le syndicat Sud commerce et services auprès du tribunal.

La constitution d’un vrai pôle RH, suffisamment doté, à la mesure de la taille de l’entreprise.

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Les personnels signataires de ce communiqué sont aujourd’hui prêt·es et déterminé·es à agir par tout moyen qui leur permettrait d’être enfin entendu·es, afin de retrouver des conditions de travail dignes et satisfaisantes pour tou·te·s.

Ils invitent d’ores et déjà journalistes et médias à une conférence de presse le jour de la dernière audience du tribunal de commerce de Lyon, le 1er octobre à 12h45, sur l’amphithéâtre de la place Guichard.

Signataires :

Les équipes des magasins Cyclable de Clermont-Ferrand, Lille-Centre, Dijon, Strasbourg, Poitiers, Nantes-Centre, Rennes Spad ; des salarié.es des équipes de Cyclable Lyon 7, Nantes-Beaujoire et Rennes.

La section syndicale Sud Commerce et Services Cyclable Lyon.

Avec le soutien du syndicat Sud Commerce et Services AURA